Les langages de l’amour

G. Chapman, l’auteur de ce livre, a été conseillé conjugal pendant de nombreuses années aux Etats-Unis. Il profite de son expertise sur le thème de l’amour conjugal pour nous expliquer les principes qu’il a mis en œuvre dans sa relation d’aide. Même si ce livre est avant tout destiné aux couples, les principes sont suffisamment généraux pour pouvoir en réalité s’appliquer à l’ensemble de notre entourage : frères et sœurs, parents, famille en général, amis, etc. D’ailleurs, dans d’autres ouvrages, l’auteur a appliqué ses idées à d’autres relations que celle du couple, et même à notre relation avec Dieu !

Quel est ce principe mis en avant par l’auteur ? G. Chapman prend pour base que nous possédons tous comme un réservoir d’amour en lui. Bien sûr, nous n’avons pas de réel réservoir physique d’amour, mais c’est à partir de cette idée que l’auteur travaille. Si notre réservoir est vide, alors nous ne pouvons pas en donner aux autres. Si notre réservoir est plein, alors nous aurons la possibilité, et même nous aurons tendance à en donner aux autres. Nous ne pouvons pas attendre de quelqu’un qu’il fasse des efforts si son réservoir d’amour est vide. Tout ce que nous pouvons faire dans ce cas, c’est faire le premier pas, pour commencer nous-mêmes à remplir le réservoir de la personne. Quand le sien sera rempli, elle pourra répondre à notre amour.

L’autre grande idée du livre est qu’on ne peut pas remplir le réservoir de quelqu’un n’importe comment. Chacun a une façon d’exprimer et aussi de comprendre l’amour bien particulière. L’auteur l’appelle le langage d’amour de la personne. Pour certains, c’est le toucher, pour d’autres les cadeaux, pour d’autres les moments de qualité passés avec les autres, pour d’autres les services rendus, pour d’autres les paroles valorisantes. Chacun a un langage qu’il perçoit le mieux. Et si on veut remplir le réservoir de quelqu’un, il faut s’adresser à lui dans le langage qu’il comprend le mieux, et donc le découvrir.

L’auteur explique ces choses à partir de très nombreux exemples, de nombreux cas pratiques qu’il a rencontré dans sa carrière, et le style est très agréable à lire.

En comprenant notre mode de fonctionnement, nous sommes plus à même de comprendre les problèmes qui peuvent se poser. Nous connaissons nos faiblesses, et nous pouvons travailler certains points pour les améliorer. Comme on peut apprendre une deuxième langue naturelle (le japonais, le russe, ou toute autre langue), on peut tout aussi bien apprendre une deuxième façon d’exprimer notre amour.

En comprenant le langage d’amour de l’autre, on repère la meilleure façon de lui exprimer notre amour, celle qu’il va recevoir correctement, celle qui va remplir son réservoir émotionnel, et le rendre capable d’aimer à son tour. On crée ainsi un climat propice au dialogue, et au bon fonctionnement du couple.

Une dernière idée tirée de ce livre, et avec laquelle j’adhère totalement, c’est que l’amour est un choix. C’est différent du coup de foudre. Le coup de foudre est un sentiment que l’autre est parfait, qu’il n’a pas de défauts. Il y a une euphorie complète qui fait que l’on n’entend pas les avertissements des autres. Mais peu à peu, l’illusion d’intimité et de perfection, laisse place aux différences des 2 individus. Le sentiment amoureux est différent de l’amour véritable en ce qu’il n’implique pas de choix volontaire, il ne nécessite pas d’effort. Il n’est pas soucieux du développement de l’autre, puisque tout est parfait.

L’amour est un choix, une décision que l’on prend. Quand on choisit d’aimer, on tranforme l’atmosphère de la relation et on la rend propice au règlement des problèmes. La plupart d’entre nous faisons des choses contre notre nature, à commencer par nous lever le matin. Alors pourquoi ne pas choisir aussi d’aimer l’autre ?


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